Manager, un homme à la mer. Episode 2 : The Finnest Hours

Manager, un homme à la mer - Episode 2 : The Finnest Hours
Quel manager êtes-vous : capitaine de pédalo ou cap-hornier ? Nous vous proposons dans cette série de neuf articles de ré-enchanter la responsabilité de manager autour de neuf films de mer.

Neuf films épiques qui sont autant de portraits de marins mythiques, autant de défis symboliques que tout manager aura à relever sur la route de l’incarnation d’un leadership conscient.

Second volet aujourd’hui avec The Finest Hours, un film d’action américain réalisé par Craig Gillespie, sorti en 2016.

Carnet de bord

Le 18 février 1952, l’une des pires tempêtes qu’ait jamais connues la côte Est des États-Unis s’abat sur la Nouvelle-Angleterre. Elle ravage les villes du littoral et détruit tout sur son passage, y compris deux pétroliers de 150 mètres. Le SS Pendleton et le SS Fort Mercer, en route respectivement pour Boston (Massachusetts) et Portland (Maine), sont littéralement brisés en deux. Les équipages restent piégés à l’intérieur des navires voués à sombrer rapidement. Le premier assistant mécanicien Ray Sybert, officier responsable à la poupe du Pendleton, réalise très vite qu’il lui appartient de prendre en charge des marins terrifiés et de les amener à travailler ensemble pour maintenir le navire à flot le plus longtemps possible.

Alors que les garde-côtes de Chatham (Massachusetts) font de leur mieux pour aider les pêcheurs à protéger leurs bateaux de la tempête, ils apprennent que les deux pétroliers en détresse dérivent au large du cap Cod. Le premier maître Daniel Cluff, récemment nommé à la tête du poste de secours, envoie immédiatement à la rescousse le bateau de sauvetage CG 36500, sous le commandement du capitaine Bernie Webber. Ce dernier et son équipage de trois hommes se lancent dans une périlleuse mission à bord de leur embarcation sous-dimensionnée au regard des éléments déchaînés, un canot de bois de 11 mètres. Avant même qu’ils soient sortis du port, ils perdent le pare-brise et le compas de navigation.

Pourtant, les quatre hommes persévèrent, et malgré des vents de la force d’un ouragan, des vagues de 20 mètres de haut, des températures glaciales et une visibilité quasi nulle, ils parviennent miraculeusement à localiser le Pendleton. Au prix d’efforts inouïs, ils vont réussir à sauver 32 hommes sur les 33 que compte l’équipage.

Affrontant la colère destructrice de l’océan, 36 hommes, réfugiés sur un bateau prévu pour 12, vont tout faire pour rentrer chez eux. Allociné

Cartes marines

Le capitaine qui se révèle est ici un homme de bord, en responsabilités, mais comme d’autres. Ce n’est pas un gagnant, ce n’est pas un chef, ce n’est pas un stratège : c’est un homme qui mène sa tâche, au milieu d’autres hommes, d’autres histoires, qui n’impose rien.

Le discrédit du capitaine est d’entrée double. Il est frappant, littéralement, puisque le film s’ouvre sur un bateau coupé en deux, et dont la timonerie a disparu dans les flots. Il est rampant mais tout aussi prégnant dans le personnage du chef des sauveteurs qui ne prend pas la mer et reste insensible au sort de ses hommes.

L’équipage est vu comme une allégorie du travail en commun, qui prend toute son ampleur dans les efforts des hommes du bord pour piloter le bateau en l’absence des organes idoines : une chaine proprement humaine vient y pallier.

Le capitaine est ici quelqu’un qui se révèle dans l’adversité, sur sa capacité à prendre sa charge, la charge des autres et d’inspirer aux autres ce comportement. Dans une empathie, une modestie, avec le calme de celui qui sait qu’il va mourrir, si c’est ce qu’exige le sens des responsabilités.

Les limites de l’empathie sont atteintes avec la description de la relation entre la petite amie du sauveteur et l’épouse de l’homme qu’il n’a pas pu sauver. La dignité de cette femme est totale.

La différence entre un manager et un leader, c’est que le leader met de côté ses propres besoins. Il a intégré dans l’épisode précédent qu’il est cette machine. Ici, cette machine a un coeur humain et lui-même n’a pas d’autre coeur.

Les ambitions de l’entité sont ses ambitions et le prix de la réussite, le prix de sa vie-même. Dans les grandes aspirations, comme dans les plus futiles desseins. Du plus large cap à la plus petite histoire du bord.

Le manager est le capitaine : le leader est l’équipage

Hissez le pavillon

Hissez le pavillon du mojo rouge ! 

Si cette couleur n’apparaît pas dans votre mojo, cultivez les vertus de travail du travail en commun, du soutien, de l’aide : construisez votre management sur les bases inspirante que sont le don de soi, l’empathie et la modestie.

Si cette couleur apparaît dans votre mojo, tout comme ces hommes d’équipage, n’oubliez pas que sans timonerie, et sans organes de direction, tout le coeur du monde n’y suffira pas.

Et si ce n’est pas déjà fait : calculez votre mojo ! C’est gratuit.

Manager, un homme sauvé des eaux avec mojo !

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